Librairie Baba Yaga

janvier2009

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woyzeck
Quiquandquoi, les Oiseaux de Passage, Janvier 2009

Editeur:

Il baisse la tête, il baisse les bras. Il n’a aucun amour-propre. Il est pauvre, il le sait. Et les pauvres sont sans défense, honteux de leur pauvreté. Ils sont perdants à tous les coups. La misère est une glu, une poisse sans nom.

Résumé:

Le soldat Woyzeck travaille, pour subvenir aux besoins de son épouse, Marie, et de leur fils, en tant que domestique pour le capitaine de garnison mais aussi comme cobaye pour le compte d’un docteur. Il sombre peu à peu dans la folie. Adapté de l’œuvre inachevée et fragmentaire de Büchner, le texte s’inspire également des linogravures réalisées par R. Perrin.

Avis:

Page 16: « Il y a des miettes d’apocalypse dans chaque fin de journée »
Page 22: « Maman inspire la folie des grandeurs »
Page 26: « Le professeur met les étudiants en garde. La stupidité de papa n’est pas congénitale, pourtant elle lui vient de sa mère. Allez expliquer cela. C’est simple: elle doit avoir arraché tous les cheveux de son bébé par touffes entières. Pourquoi? Pour fabriquer des porte-bonheur. Elle a à chaque fois blessé le cerveau dans lequel s’enracinent les cheveux des nouveau-nés! »
Page 28: « Papa transpire l’inquiétude…Papa ne possède pas le vocabulaire pour traduire ses états d’âme. Il est pauvre jusque dans ses mots »
Page 30: « Le docteur de notre époque n’apporte pas de secours, il identifie le mal et accable le patient. C’est sa seule façon de soigner. C’est toujours à cause d’hier mais il n’aide pas à entrevoir demain. »
Page 32: « La réalité gifle sans arrêt, elle frappe jusqu’à la commotion. »
Page 44: « Il pense au couteau. Il risque de le compromettre… Il est toujours à côté de maman. Il n’a pas bougé. C’est le couteau de tous les pains et de tous les crimes. »
Page 46: « A partir de là, toutes les histoires sont possibles… Que me reste-t-il à entreprendre? La réponse est simple: écrire. Mais pourquoi puisque je suis seul? Précisément pour ma solitude, pour la musique, parce que je suis son serviteur, parce qu’une solitude comme la mienne n’est pas celle d’un seul homme. »

Je suis allée vers ce texte par un grand détour, mon amie Jenny Trousset, bibliothécaire de son état m’a parlé de l’aventure des livres avec Fotokino à Marseille, Costume trois pièces, je suis allée voir leurs sites (cf page des liens), et « de fil en aiguille » (titre d’un des livres de Renaud Perrin chez Thierry Magnier), j’ai découvert le site de Renaud Perrin, j’ai beaucoup aimé ses dessins et j’ai acheté ce livre que je chronique aujourd’hui, bien qu’il soit de Janvier 2009.

Je suis subjuguée par ces illustrations entre l’expressionisme allemand et le surréalisme, le texte dont j’ai recopié plusieurs extraits, je le trouve magnifique aussi, je ne connais pas l’original de Büchner, mais l’adaptation d’Eddy Devolder est poignante forte et pleine de trouvailles d’écriture. Ce texte donne envie d’écrire.

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