Librairie Baba Yaga

janvier2011

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terrienne
Gallimard Jeunesse, Janvier 2011

Editeur:

Tout commence sur une route de campagne… Après avoir reçu un message de sa soeur, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche et passe… de « l’autre côté ». Elle se retrouve dans un monde parallèle, un ailleurs dépourvu d’humanité, mais où elle rencontrera cepedant des alliés inoubliables. Pour arracher sa soeur à ce monde terrifiant, Anne ira jusqu’au bout, au péril de sa vie. Elle se découvrira elle-même : Terrienne.
Vous ne respirerez plus jamais de la même manière.

Avis:

Je suis une fidèle lectrice de Mourlevat: « L’enfant Océan » (conte détourné du Petit Poucet), « La rivière à l’envers », en Pocket jeunesse, niveau de lecture une dizaine d’années. Puis pour les ados: « Le combat d’hiver », livre que j’ai énormément aimé et qui se rapproche le plus de celui ci: dans les deux cas, création d’un monde d’une grande densité, des personnages forts; dans les deux cas, également une certaine noirceur.
Et « Le chagrin du roi mort », là aussi passage d’un monde à l’autre, comme dans « Terrienne », un au delà avec d’autres règles, un passage d’un monde à l’autre mystérieux qui rend les protagonistes de ces histoires définitivement à part.
Dans »Le combat d’hiver », la phalange faisait régner la terreur, des orphelins, enfants d’opposants au régime, se révoltaient à leur tour. Au début du roman, la vie triste des enfants nous était conté, les seuls moments de tendresse était dispensés par les consoleuses, rarement. Puis certains enfants s’enfuyaient et fomentaient la révolte de tout un peuple. Dans « Terrienne », il s’agit d’un basculement d’un monde à l’autre, un monde où il ne fait pas bon vivre. L’héroïne, Anne, douée de certains pouvoirs médiumniques, part à la recherche de sa sœur Gabrielle kidnappée par un trop beau et lisse amoureux. (Le conte de « Barbe bleue » n’est pas loin).
Le grand talent de Mourlevat est de nous faire entrer de plain-pied dans un monde surnaturel, extrêmement bien construit, auquel on adhère facilement. Anne ne lâche pas le morceau, elle prend d’énormes risques, elle s’adapte à des situations incroyables, et dans l’autre monde, elle rencontre des personnages qui vont l’aider, de belles figures.
Certains passages très noirs. Une scène rappelant les camps de la mort, Auschwitz.
La morale de l’histoire étant mieux vaut un monde imparfait, un peu décraqué, avec ses bonnes et ses mauvaises odeurs, ses ratages continuels, qu’un monde lisse et mortel.

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