Librairie Baba Yaga

juin2011

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Voici au fil de l’été quelques chansons à vivre! (comme on dit des chansons à boire!):

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La premiere d’entre-elles pourrait être le texte d’Aragon mis en musique par Hélène Martin: "Maintenant que la jeunesse"

Maintenant que la jeunesse
s’éteint aux carreaux bleuis
maintenant que la jeunesse
machinale, m’a trahi
maintenant que la jeunesse
tu t’en souviens, souviens-t’en
maintenant que la jeunesse
chante à d’autres le printemps
maintenant que la jeunesse
détourne ses yeux lilas

maintenant que la jeunesse
n’est plus ici n’est plus là
maintenant que la jeunesse
sur d’autres chemins légers
maintenant que la jeunesse
suit un nuage étranger
maintenant que la jeunesse
a fui, voleur généreux,
me laissant mon droit d’ainesse
et l’argent de mes cheveux

il fait beau, à n’y pas croire
il fait beau, comme jamais
quel temps, quel temps sans mémoire
on ne sait plus comment voir
ni se lever ni s’asseoir
il fait beau comme jamais
c’est un temps contre nature
comme le ciel des peintures
comme l’oubli des tortures
il fait beau comme jamais

frais comme l’eau dessous la rame
un temps fort, comme une femme,
un temps à damner son âme,
il fait beau comme jamais
un temps à rire et courir
un temps à ne pas mourir
un temps à craindre le pire
il fait beau comme jamais

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Un deuxième poème "Est-ce ainsi que les hommes vivent?" toujours d’Aragon et cette fois c’est Léo Férré qui met en musique et chante:

Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
A quoi bon puisque c’est encore
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m’éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j’ai cru trouver un pays.

Cœur léger cœur changeant cœur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes jours
Que faut-il faire de mes nuits
Je n’avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m’endormais comme le bruit.

[Refrain] :
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.

C’était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d’épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j’y tenais mal mon rôle
C’était de n’y comprendre rien

Dans le quartier Hohenzollern
Entre la Sarre et les casernes
Comme les fleurs de la luzerne
Fleurissaient les seins de Lola
Elle avait un cœur d’hirondelle
Sur le canapé du bordel
Je venais m’allonger près d’elle
Dans les hoquets du pianola.

[Refrain]

Le ciel était gris de nuages
Il y volait des oies sauvages
Qui criaient la mort au passage
Au-dessus des maisons des quais
Je les voyais par la fenêtre
Leur chant triste entrait dans mon être
Et je croyais y reconnaître
Du Rainer Maria Rilke.

Elle était brune elle était blanche
Ses cheveux tombaient sur ses hanches
Et la semaine et le dimanche
Elle ouvrait à tous ses bras nus
Elle avait des yeux de faïence
Elle travaillait avec vaillance
Pour un artilleur de Mayence
Qui n’en est jamais revenu.

[Refrain]

Il est d’autres soldats en ville
Et la nuit montent les civils
Remets du rimmel à tes cils
Lola qui t’en iras bientôt
Encore un verre de liqueur
Ce fut en avril à cinq heures
Au petit jour que dans ton cœur
Un dragon plongea son couteau

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Un homme et un chanteur à écouter (invité le 22 07 2011 par Laure Adler dans l’ émission "Hors Champs" sur France Culture ). Quelles chansons à offrir?…El Lagarto Esta Llorando

La lagarta esta llorando
el lagarto y la lagarta
con delantalitos blancos

han perdido sin querer
el lagarto y la lagarta
han perdido sin querer
su anillo de desposados

ay ! su anillito de plomo
ay ! su anillito plomado
ay !

miradlos que viejos son
que viejos son los lagartos (bis)

ay ! como lloran y lloran
como lloran los lagartos
ay ! como lloran y lloran
ay ! ay ! como estan llorando

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et "Palabras para Julia".

ú no puedes volver atrás
Porque la vida ya te empuja
Con un aullido interminable,
Interminable…

Te sentirás acorralada
Te sentirás perdida o sola
Tal vez querrás no haber nacido,
No haber nacido…

Pero tú siempre acuérdate
De lo que un día yo escribí
Pensando en ti, pensando en ti,
Como ahora pienso…

La vida es bella ya verás,
Como a pesar de los pesares,
Tendrás amigos, tendrás amor,
Tendrás amigos…

Un hombre solo, una mujer,
Así tomados de uno en uno,
Son como polvo, no son nada,
No son nada…

Entonces siempre acuérdate
De lo que un día yo escribí
Pensando en ti, pensando en ti,
Como ahora pienso…

Nunca te entregues ni te apartes
Junto al camino nunca digas
No puedo más y aquí me quedo,
Y aquí me quedo…

La vida es bella ya verás
Como a pesar de los pesares
Tendrás amigos, tendrás amor,
Tendrás amigos…

Entonces siempre acuérdate
De lo que un día yo escribí
Pensando en ti, pensando en ti,
Como ahora pienso…

 

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Et en écho la magnifique chanson de Violetta Parra: « Gracias a la vida »

Gracias a la vida,
que me ha dado tanto;
me dio dos luceros
que cuando los abro
perfecto distingo
lo negro del blanco,
y en el alto cielo
su fondo estrellado,
y en las multitudes
al hombre que yo amo.

Gracias a la vida,
que me ha dado tanto;
me ha dado el oído
que en todo su ancho
graba, noche y día,
grillos y canarios,
martillos, turbinas,
ladridos, chubascos.
y la voz tan tierna
de mi bienamado.

Gracias a la vida,
que me ha dado tanto;
me ha dado el sonido
y el abecedario.
Con él, las palabras
que pienso y declaro:
"madre", "amigo", "hermano",
y "luz", alumbrando
la ruta del alma
del que estoy amando.

Gracias a la vida,
que me ha dado tanto;
me ha dado la marcha
de mis pies cansados.
Con ellos anduve
ciudades y charcos,
playas y desiertos,
montañas y llanos,
y la casa tuya,
tu calle y tu patio.

Gracias a la vida,
que me ha dado tanto;
me dio el corazón,
que agita su marco
cuando miro el fruto
del cerebro humano,
cuando miro al bueno
tan lejos del malo,
cuando miro el fondo
te tus ojos claros.

Gracias a la vida,
que me ha dado tanto;
me ha dado la risa
y me ha dado el llanto.
Así yo distingo
dicha de quebranto,
los dos materiales
que forman mi canto;
y el canto de ustedes,
que es el mismo canto;
y el canto de todos,
que es mi propio canto.

Gracias a la vida,
que me ha dado tanto.

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