Librairie Baba Yaga

avril2010

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Je suis libraire depuis 25 ans, j’ai allumé  ma radio toujours branchée sur France Culture, il était 18h50 environ, on y parle, livres, librairies, et j’entends une femme qui déclare de manière péremptoire qu’il faut commander sur Amazon pour trouver un livre édité chez un petit éditeur, et « qu’il ne faut pas se leurrer les libraires ne conseillent que les meilleures ventes, » on ne peut pas laisser dire de pareilles imbécilités sur une chaine culturelle qui respecte le livre et les métiers du livre en général, sans donner un droit de réponse aux libraires qui font ce métier par amour du livre et de la littérature, nous sommes beaucoup dans ce cas quoiqu’on en dise, nous luttons jour après jour pour garder nos clients qui se dirigent de plus en plus par facilité et ignorance vers Internet, les grandes surfaces, la Fnac, nous lisons nombre de livres que nous conseillons, et vendons les meilleurs ventes pour pouvoir continuer à conseiller les livres que nous aimons vraiment: mes deux derniers coups de cœur, en bonne place dans la librairie: « Une Sentinelle tranquille sous la lune » de Soazig Aaron chez Gallimard, et « Sébastien » de Jean Pierre Spilmont à La Fosse aux Ours, petit éditeur Lyonnais, j’en parle d’ailleurs sur mon site (www.librairiebabayaga.com)

 Madame Lautier,

Librairie Babayaga. Sanary sur Mer

franceculture

de Brice Couturier


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émission du lundi 19 avril 2010
Le livre doit-il être aussi rentable que la lessive ?

Peut-être avez-vous suivi la folle histoire de Montreuil…L’histoire du salon de livre jeunesse le plus gros, le plus reconnu, et le plus fréquenté de France, un rendez-vous entre éditeurs et lecteurs en herbe dans un coin de banlieue où la culture n’est pas pour tous le pain quotidien. Eh bien, ce Salon de Montreuil a manqué de peu de fermer ses portes, le Conseil général de Seine-Saint-Denis, ruiné, ayant annoncé une baisse budgétaire de 1,2 million d’euros sur les 1,6 dédiés. Le Conseil général s’est aujourd’hui ravisé mais la précarité de son budget est de mauvais augure pour le Salon, qui outre son rendez-vous public est à l’initiative d’actions autour de la lecture qui concernent plus de 50.000 enfants. 
Cette petite histoire illustre à quel point notre système d’aide au livre est fragile. Certes, il est mieux organisé, mieux doté, plus divers que les structures équivalentes dans beaucoup d’autres pays industrialisés, mais pour combien de temps encore ? 
Aux yeux de l’éditeur américain André Schiffrin, qui publie son dernier essai sous le titre L’argent et les mots, nous en sommes arrivés à un stade où la vie intellectuelle et culturelle n’échappe à l’asphyxie que grâce à ces systèmes d’aides et de subventions, grâce à des politiques culturelles protectrices et habiles, elles-mêmes de plus en plus menacées par l’esprit du temps. Car les reflexes et les appétits du business ont peu à peu gagné le monde de l’édition. Les maisons sont rachetées par des conglomérats mondialisés qui seront à terme déçus par le niveau de leur investissement. Et alors…c’est un scénario noir que l’éditeur américain nous prédit : demain, les titres qui ne seront pas assurés de rentabilité immédiate ne sortiront même plus des presses. 
Où donc naîtront les idées ? La surchauffe éditoriale actuelle est-elle le chant du cygne ? André Schiffrin a-t-il raison de suggérer que la multiplication des petits éditeurs est la preuve inversée de la stérilité intellectuelle des grandes maisons ? 

Invités 

André Schiffrin au téléphone.  Editeur

Jean-Yves Mollier.  Historien (Université de St Quentin en Yvelines)
Spécialiste de l’histoire de l’édition

Muriel Beyer.  Directrice éditoriale chez Plon

 

Muriel Beyer, directrice éditoriale chez Plon: -« Je veux revenir sur les circuits de distribution. Le libraire est surendetté, il n’est sauvé que par le prix unique du livre, » (un premier roman, il n’en prend qu’un à l’office…), » le fait de le recommander chez le distributeur ça va prendre un temps fou… ça va être cher, et terminé »
-« Alors vive Amazon! » réplique la journaliste
-« Hé bien, je vais vous dire c’est peut-être bien l’avenir, parce que à ce moment là si vous avez vu un article dans Libé ou dans le Monde d’un premier roman, si vous le commandez chez Amazon, vous allez l’avoir; le problème du petit libraire, c’est qu’il n’a même pas les moyens d’en avoir beaucoup, et même s’il le trouve bien, on me dit toujours: ils sont formidables les libraires, ils conseillent, ils sont comme les autres, ils vont conseiller ceux qui sont dans le liste des best sellers, arrêtons de rêver! »

  Alors moi je dis à Murielle Beyer (!!) qu’elle vienne visiter mon site, ou encore mieux, ma librairie, et qu’elle peut recommencer à rêver!!
Même si nous, libraires, sommes broyés par les frais de port de plus en plus lourds, par les remises très faibles des éditeurs, par les frais d’ordinateur, de logiciel, des outils de recherche bibliographique comme Electre, etc… par les remises exigées par les clients… Nous, libraires, poursuivons notre rêve coûte que coûte dans la solitude.

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