Librairie Baba Yaga

avril2011

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Sabine Wespieser, Avril 2011, Traduit de l’anglais(Irlande) par Jacqueline Odin

Editeur:

Dans la chaleur de l’été, un père conduit sa fille dans une ferme du Wexford, au fond de l’Irlande
rurale. Bien qu’elle ait pour tout bagage les vêtements qu’elle porte, son séjour chez les Kinsella,
des amis de ses parents, semble devoir durer. Sa mère est à nouveau enceinte, et il s’agit de la
soulager jusqu’à l’arrivée du nouvel enfant. Au fil des jours, puis des mois, la jeune narratrice apprivoise cet endroit singulier, où la végétation est étonnamment luxuriante, les bêtes grasses et les sources jaillissantes. Livrée à elle-même au milieu d’adultes qui ne la traitent pas comme une enfant, elle apprend à connaître, au gré des veillées, des parties de cartes et des travaux quotidiens, ce couple de fermiers taciturnes qui pourtant l’entourent de leur bienveillance. Pour elle qui n’a connu que l’indifférence de ses parents dans une fratrie nombreuse, la vie prend une nouvelle dimension. Elle apprend à jouir du temps et de l’espace, et s’épanouit dans l’affection de cette nouvelle famille qui semble ne pas avoir de secrets. Certains détails malgré tout l’intriguent : les habits dont elle se voit affublée, la réaction de Mr Kinsella quand il les découvre sur elle, l’attitude de Mrs Kinsella lors de leurs rares sorties à la ville voisine…

Avis:

Oh! comme cette nouvelle est gonflée de silence assourdissant!

Voilà une petite fille qu’on dépose comme un paquet encombrant chez des amis le temps de l’accouchement de la mère. Une petite fille qui, le temps d’un été, aiguise son intelligence et sa sensibilité au contact d’un nouveau mode de vie.

Page 17: « Je me demande pourquoi mon père ment sur le foin. Il a tendance à mentir sur des choses qui seraient bien si elles étaient vraies. »

Une histoire sur les mensonges, les silences, des vérités, des contre-vérités, où ce qui est dit parfois peut-être contredit sans que l’on puisse parler de mensonge, simplement d’impossibilité à dire, de trou de langage.

Page 29: « Là où il y a un secret il y a de la honte, et nous n’avons pas besoin de honte »

La littérature irlandaise est décidemment pleine de ces textes forts et brulants. Je pense à John McGahern dont j’ai lu la plupart des livres depuis que j’ai découvert: « L’obscur » (grâce à Michel Polac). Mac Gahern a écrit lui aussi de nombreuses nouvelles (« Les huitres de Tchékhov », « Les créatures de la terre ») qui, comme ce texte, sont situées dans une campagne irlandaise renfermée sur ses traditions et sa pauvreté. La plupart de ses textes sont hélas épuisés.

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