Librairie Baba Yaga

mars2013

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lespiedsbandes
Editeur Kana, Mars 2013
Traduit du chinois par An An Ning

Attention chef d’œuvre!
L’histoire simple d’une petite fille dont on a bandé les pieds contre son gré afin de faire un beau mariage. Mais la révolution chinoise fait voler en éclats les coutumes ancestrales et les rêves de vie confortable de la fillette. Elle vivra pauvrement cachée dans son village (les pieds bandés sont interdits, vieille coutume féodale) puis deviendra la nounou de l’auteur enfant et de sa sœur.
C’est une histoire extrêmement touchante, racontée à hauteur des visages, comme une succession de petits tableaux très beaux. Cette coutume barbare, cette mutilation que l’on infligeait aux petites filles pour le plaisir et l’agrément des hommes sont traitées ici avec réalisme. Li Kunwu rend un hommage plein de tendresse à sa vieille nounou.
Il se dégage une force extraordinaire de cette bande dessinée, le traitement graphique au plus prés des visages, des corps ainsi que des tableaux de genre: la mise en scène des villageois à l’auberge donne lieu à des saynètes vivantes et détaillées. Chaque page est construite comme un tableau (ou plusieurs). J’avais lu précédemment du même auteur « Une vie chinoise » en trois tomes que j’avais beaucoup aimé.
Voila ce que j’en disais: « Voilà une excellente bande dessinée qui permet à travers la vie d’une jeune chinois sous Mao de comprendre de l’intérieur l’histoire de la Chine dans les années 60. Le grand Bond en avant, la Révolution culturelle, les enfants devenant les bourreaux de leurs maitres, et de tout ce qui représente une quelconque autorité , un Mai 68 poussé à un paroxysme dément jusqu’à l’absurde. »

Ici on retrouve le même talent, la même force narrative, à son paroxysme.

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