Librairie Baba Yaga

août2010

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secretjasperjones
Calman-Lévy, Août 2010
Traduit de l’anglais (Australie) par Marie Boudewyn

Editeur:

« Si j’avais affaire à quelqu’un d’autre, je tournerais les talons. Je ne me faufilerais pas sous le rideau de branches de l’acacia en baissant la tête. Je ne me raccrocherais pas à son tronc rugueux de crainte de trébucher. Je n’écarterais pas le feuillage. Je n’apercevrais pas une clairière. Et je ne découvrirais pas le secret de Jasper Jones. »

Une nuit de 1965, Jasper Jones, le paria de la petite ville minière de Corrigan, le gamin à moitié aborigène, frappe à la fenêtre de Charlie Bucktin, treize ans. Il n’a confiance en personne, il a besoin d’aide, aussi Charlie accepte-t-il de le suivre jusqu’à cette jolie clairière enfouie dans le bush où l’attend une terrible découverte. 
Cette nuit-là, Jasper Jones lui fait jurer de garder le silence. Mais ce secret bien trop lourd à porter pour des enfants n’est pas le seul qui lézarde la ville de Corrigan…

Avis:

Voici un livre qui n’est pas paru dans une collection destinée aux ados, c’est moi qui décide que ce texte leur est plus approprié. Des ados à partir de 14 ans je pense, 14/17 ans.

L’auteur, nous dit l’éditeur est un jeune prodige, et lui même écrit dans ses remerciements: « Ali Lavau qui a su me faire comprendre avec tact que ce que j’écrivais craignait parfois trop « Voilà où le bât blesse, Ali Lavau s’est trop retenu dans ses critiques!! A mon humble avis, retirer 40 pages de discussion, et de plaisanteries oiseuses entre copains, aurait permis de resserrer l’action, celle ci se dilue, on dirait un pull mal tricoté. En plusieurs endroits  les mailles trop distendues. Quel dommage! Plein de bonnes idées, de très bons passages, en particulier le début du roman. D’où la déception ensuite. Je conseille donc à ceux que ces passages ennuient de sauter allégrement, ce qui permet je pense de lire à peu près le livre que nous devrions avoir entre nos mains, si ce jeune homme avait été mieux conseillé, par son éditeur en particulier.

Dans le chapitre des bonnes choses: une peinture souvent drôle et juste d’une adolescence dans un village d’Australie, qui pourrait être situé ailleurs, si ce n’est l’évocation des kangourous et du bush. Une bonne mise en place du drame dès le départ, des scènes vivantes: d’une victoire d’un gosse vietnamien rejeté par ses collègues sportifs au cricket, le tabassage du père, l’histoire se passe pendant la guerre au Vietnam.

J’ai pensé à l’excellent « Seul le silence » de Ellory, policier qui avance lentement lui aussi, mais dont les digressions sur la vie dans cette campagne américaine au temps où sévit la guerre de 39-45 sont riches et resserrent la tension, propre à ce genre qu’est le policier. L’auteur oscille entre la chronique sociale, style guerre des boutons, et le policier. Il aurait fallu qu’il choisisse!

Au final Craig Silvey met l’accent sur les non dits sources des pires drames: combien les vies des personnages qu’il dépeint auraient été plus heureuses, même sauvées, si la parole avait circulé?

Début prometteur et je lui donne deux chapeaux de sorcière pour l’encourager!

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