Librairie Baba Yaga

janvier2010

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sauvage
Gallimard Jeunesse, Janvier 2010

Editeur:

A la mort de son père, Blue se met à écrire sur un carnet pour exprimer son chagrin avec ses mots à lui. Il imagine alors un personnage, celui d’un jeune garçon qui vit dans le bois voisin et rôde aux alentours. Un être affrayant, qui ne parle pas, le sauvage. Blue s’invente une histoire si vraie qu’elle commence à se confondre avec la réalité… Un roman graphique étonnant. L’émotion surgit avec force du récit de David Almond, magnifiquement portée par le dessin de Dave McKean, artiste de renommée internationale.

Avis:

Excellent! Magnifique! Les images et le texte se répondent, j’avoue avoir guetté la moindre illustration, comme quand petite j’attendais fébrilement un dessin dans un club des cinq ou une comtesse de Ségur pour reposer de l’effort de lecture, ou pour le plaisir des images, des représentations.

C’est un texte qui m’a beaucoup émue, très fort, sur le pouvoir des mots, le pouvoir de l’écrit pour tenter d’enrober un chagrin trop violent pour émerger, trop enfoui, comment combattre l’injustice du sort, la violence des autres, la réponse est par le détour de l’écrit et de l’illustration. Si vous aimez ces illustrations vous aimerez un peintre belge autodidacte extraordinaire Robert Alonzi

« S’il peut être délicat de parler de sa propre vie, il est encore plus délicat de parler de celle d’un homme que l’on ne connaît pas. Son art devrait nous suffire à comprendre son histoire. Les peintures de Robert Alonzi qui représentent des enfants tristes jouant à des jeux puérils, des portraits d’adultes au regard fermé et aux lèvres closes, des scènes de café, des accordéonistes ou des joueurs de boules qui semblent livrés à la corvée, révèlent sans ambiguïté l’absence d’affection, la difficulté de communiquer et les déchirures de la vie »

« Pour essayer de faire comprendre le travail d’Alonzi sans avoir à dévoiler sa vie privée je vais recourir aux mots de Georges Bataille qui fut spécialiste en déchirure. C’est ainsi qu’il affirmait qu’« il n’est pas de désir plus grand que celui du blessé pour une autre blessure.» Mais il montrait aussi la richesse de cette blessure «douleur nécessaire à la communication.». « La communication demande une “faille” ; elle demande une coïncidence de deux déchirures, en moi-même et en autrui.» et, surtout, « à travers la déchirure, l’esprit aperçoit l’ ”univers risible”.» (Georges Bataille, Le coupable, Editions Gallimard) »

réf: Banc Public

allonzi1

J’ai aussi pensé au peintre  Chaïm Soutine que j’aime énormément pour ces visages silencieux et déchirés.

Femme à la robe bleue – 1924
L’Enfant au jouet – 1919

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