Librairie Baba Yaga

janvier2010

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villedesvoleurs
Flammarion, Janvier 2010
Traduit de l’anglais par Pierre Ménard

Editeur:

Leningrad, 1941. Deux adolescents attendent leur exécution au fond d’une cellule. Mais alors que Lev et son charismatique compagnon, Kolya, s’apprêtent à recevoir la balle qui mettra fin à leurs jours, ils se voient poser un étrange ultimatum : ils auront la vie sauve à condition de se procurer une douzaine d’oeufs pour le gâteau d’anniversaire de la fille d’un puissant colonel soviétique. Dans une ville en proie aux pires privations, les deux compères se mettent en chasse, traversant les lignes ennemies à la recherche de l’impossible. Tour à tour profond et drôle, excitant et terrifiant, La Ville des voleurs est un roman d’aventures saisissant, en même temps qu’un récit initiatique à la sensibilité toute contemporaine.

Avis:

J’ai beaucoup aimé. La quatrième de couverture m’avait dés la réception du livre alléchée: Un livre sur la Russie, pendant la guerre, traité avec humour.
C’est un roman qu’on ne lâche pas, comme « Enfant 44″savait montrer comme de l’intérieur le régime totalitaire sous Staline, ici,le siège de Leningrad nous apparait dans toute son atrocité à travers l’aventure des deux protagonistes.On s’attache à leurs pas, Kolya et Lev, deux adolescents sont extrêmement sympathiques avec leurs défauts, leur lâcheté et leur courage, leur humour, leurs failles. Un déserteur (qui ne l’est pas vraiment) et un voleur (qui ne l’est pas non plus) se retrouvent emprisonnés en voie d’exécution. Ils échappent à ce destin fatal par la proposition d’une huile du NKVD: trouver douze œufs pour le mariage de sa fille!
Et cette équipée loufoque part à la recherche de l’impossible dans une ville assiégée et affamée! Deux êtres dissemblables deviennent amis, et le plus jeune plein de faiblesse, honteux de sa lâcheté se révèle à nos yeux et aux siens.(Lev étant le grand père russe de l’auteur.) Cela m’a fait penser au livre admirable de Tabucchi: « Pereira prétend » hélas épuisé en 10/18. Le héros là aussi va se trouver à son corps défendant mêlé à la résistance au fascisme et se révéler.
Je n’en dirai pas plus, c’est un livre plein d’humanité, de cruauté, de force.

Extraits:

Page 98: « Nous vivons dans une ville , dont les sorcières, Baba-Yaga et ses sœurs, hantaient les rues pour s’emparer des enfants et les couper en morceaux »

Page 106: « J’étais devenu un fantôme. plus aucun être humain en ville ne connaissait mon nom ».

Pages 303,304: Un bon résumé de l’histoire: « Ces dernières journées avaient été marquées par un enchainement de drames plus confus les uns que les autres-et ce qui paraissait impossible à midi devenait un fait brutalement établi le soir même. Des cadavres allemands tombaient du ciel. Des cannibales vendaient aux Halles des godiveaux de chair humaine. Des immeubles s’effondraient… Je me contentais d’avancer, en espérant que je parviendrais à dénicher une demi-tranche de pain pour ma survie-et une douzaine d’œufs pour la fille du colonel. »

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