Librairie Baba Yaga

janvier2013

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Faire les retours, c’est jamais drôle, demander à n’importe quel libraire, c’est pas son occupation favorite!
Faire les retours, c’est un constat d’échec, je n’ai pas commandé les livres en bonne quantité, je n’ai pas commandé les « bons livres », j’ai recommandé un livre trop longtemps, le livre qui semblait indispensable 8 jours avant, demandé dix fois par jours, est déjà oublié! Mes représentants m’ont poussée à prendre des livres qu’on ne m’a pas achetés. Un constat d’échec, car ce livre quand je l’ai vu rentrer dans ma librairie, j’ai eu envie de le lire, et puis non, pas lu, un constat d’échec parce que ce livre je l’ai lu, mais il est trop triste, les clients me demandent des livres drôles, pas « prise de tête », qu’est-ce que j’ai moi à m’obstiner à parler des livres forts, denses?
«Il n’existe que des contes de fées sanglants. Tout conte de fées est issu des profondeurs du sang et de la peur.»…«On ne devrait lire que les livres qui nous piquent et nous mordent. Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d’un coup de poing sur le crâne, à quoi bon le lire ?» (Kafka)
Et puis,  vous vous résolvez la mort dans l’âme à rendre ces livres, qui iront au pilon un jour ou l’autre…
Vous passez beaucoup de temps à rentrer (Sortir devrais-je dire!!) les livres dans l’ordinateur; obtenir les autorisations de retour, préparer les colis, coller les bonnes étiquettes, je vous en passe et des moins bonnes…
Suffit que le transporteur passe… que nenni! Le transporteur n’a pas compris quand on lui disait qu’il y avait 63 colis à prendre, que l’on précisait qu’il fallait venir avec une palette, le transporteur n’a pas compris qu’il lui faudrait charrier avec ses petits bras musclés, 63 colis, lui voulait que la palette soit prête, filmée, dans la cour, sous la pluie si possible, pour un jour indéterminée… La première fois, l’homme musclé vint et refusa d’emporter les colis, un nouveau parait-il, la deuxième fois, après le jour du marché, le jour férié, donc trois jours après, vint un autre homme musclé à midi moins le quart, pour charrier tout seul 63 colis de livres dont Télématin et Drucker n’avaient fâcheusement pas parlé, sachant que notre bon Maire n’autorise le stationnement des camions et autres livreurs que le matin,hors jour de marché, jusqu’à midi…et…
C’est ainsi que… les retours sont toujours là… ce qui veut dire qu’ils ne seront pas retournés à temps, pour qu’ils me soient crédités, et mon banquier me mettra des agios, et j’irais jouer les violons longs de l’automne pour qu’ils me soient enlevés…. pour quelques jours, je perdrais un mois, ils arriveront trop tard aux éditeurs, si jamais par chance ils arrivent!!
Le lendemain une cliente  me demandera si j’ai pas lu…ceci et cela? Non… je faisais les retours et me battais au téléphone pour qu’on me les emporte une bonne fois!! Ces livres sans famille!

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Un commentaire

  • Commentaire by catibou — 8 mai 2013 @ 5:41

    Et travailler avec des petits éditeurs passionnés qui font bien leur travail, ça ne vous dit pas ? J’imagine que vous le
    faites déjà….

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