Librairie Baba Yaga
  • Roman
  • août11

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    Les Grandes Personnes – Août 2011
    Traduit de l’anglais (Australie) par Valérie Le Plouhinec

    Roman étrange et envoûtant, grande qualité littéraire (félicitons à la traductrice Valérie Le Plouhinec)

    L’histoire est racontée par une petite fille, Harper, avec toute sa subjectivité, naïveté et courage, les personnages évoluent et révèlent peu à peu leur vrai caractère, leur aptitude à réagir et à s’adapter. Nous sommes dans les années 1920, le père ancien combattant de la guerre de 1914 se montre peu apte à faire vivre sa famille. La crise de 29 se profile puis éclate. Famille nombreuse pauvre, humilié et traqué par le riche fermier du coin, la famille subsiste aidée par le voisinage.

    L’originalité et l’aspect fantastique de ce conte est incarné par le petit frère de la narratrice: Tin qui ne se trouve jamais mieux que sous la terre, creusant galeries sur galeries, s’isolant complètement de sa famille jusqu’à devenir comme un animal sauvage.

    Cet enfant sous la terre qu’on ne voit ni n’entend, mais que la narratrice perçoit, est présent tout le long du livre. C’est lui qui va infléchir plusieurs fois le cours de leur vie.

    Vrai texte littéraire pour la jeunesse, à conseiller aux adultes aussi.

    ?

    « Le monde dans lequel on vit à neuf ans n’est pas celui où évoluent les autres. Ma maison était mon empire, le seul endroit qui comptait, et jamais je n’en imaginais d’autres au-delà de l’horizon ; c’est pourquoi, vers la fin de cette année-là, je ne saisis pas pourquoi Pa et Ma parurent si inquiets le jour où Billy Godwin, de retour de la ville, leur annonça que la Bourse s’était effondrée, qu’il y avait trop de charbon et que les cours du blé et de la laine étaient en chute libre, alors que nous n’en avions jamais eu. Les prix de la laine et du blé ne nous concernaient pas non plus, puisque nous élevions des vaches. A mes yeux, tout allait bien. » (p. 82)

  • mars17

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    Nouveau Monde Jeunesse, Mars 2011

    J’ai déjà lu de cet auteur un livre chez Bayard, qui vient d’être réédité dans la collection Estampille: « Le Chevalier du vent ». Je l’ai souvent conseillé aux jeunes garçons (d’une dizaine d’années), il est écrit gros, comme dans toute cette collection, donc pas intimidant pour les moyens lecteurs, et très passionnant.
    « L’aigle des brumes » s’adresse à un public un peu plus âgé, douze, treize ans. C’est un bon roman moyenâgeux, intrigue prenante, personnages bien campés, honneur, bravoure, perfidie, tout y est!!

    Vous aimerez « Le chevalier du vent » chez Bayard et « Les guerriers de fer » au Nouveau Monde.

  • mars27

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    Gallimard Jeunesse Giboulées, Album, Mars 2010

    Avis:

    « C’était tout un village, ils allaient dans la nuit. L’un derrière l’autre, sans faire de bruit. Les pères restaient derrière, cachés sous leurs manteaux. Puis les mères venaient ensuite, les cheveux emmêlés. Seuls les enfants marchaient devant. »

    Résumé :

    Le village tout entier marche. Guidé par Grande Sœur et Petit Frère. La longue file suit les fils laissés par une fourmi dorée.
    Quand la nuit tombe, les enfants cachent les parents sous la terre… Quand la nuit tombe, les parents deviennent les Bêtes d’Ombre et oublient leurs noms. Les enfants seuls, s’en souviennent.
    Mais que faire si les enfants eux-mêmes oublient le nom de leurs parents ?

    Il se lit comme un conte… des mots beaux: « Chaque soir, à la brunante, les enfants couraient au fossé pour retrouver leurs parents endormis sous les feuilles. Et leur donner le nom. Car un mal mystérieux rongeait ces pères et ces mères. Un mal qui mélangeait leurs visages et leur prenait la voix. Tout le jour, toute la nuit, ils étaient comme des bêtes d’ombre. Même leurs propres enfants ne devaient pas les voir: ni d’un œil, ni de l’autre, jamais les regarder. Un instant seulement le soir, à la brunante, ils redevenaient les pères et les mères qu’ils avaient été avant. Le temps que leur nom soit seulement prononcé.
    Qui sinon leur enfant pouvait encore le connaitre?

    C’est un bel objet, la couverture est toilée, le illustrations pleine page, très sombres, mais avec toujours une clarté, une fourmi au fil d’or, des lanternes accueillant des poupées fabriquées par les enfant….
    Le livre est dédicacé à Jean Hatzfeld, une phrase d’un de ses livres « Une Saison de Machettes » sur le Génocide Rwandais mise en exergue éclaire le propos: « Il y en a qui changeaient de couleur à force de chasser. Leurs membres étaient boueux, leurs vêtement étaient éclaboussés, même leur visage n’était plus noirâtre de la même façon. Ils devenaient comme gris de tout ce qu’ils avaient fait ».
    Ce conte a comme toile de fond ce terrible génocide, c’est sa matière. Il se lit comme un conte avec des éléments de magie, des mots beaux: Comme le livre d’Hatzfeld qui a rendu la parole aux victimes du génocide: « Dans le nu de la vie » avec un parler magnifique, poétique. Il y a une façon de raconter par métaphore qui rend ce conte audible par des oreilles assez jeunes, je penserais à des enfants à partir de 7ans.
    J’aime beaucoup ce texte, il est envoutant, on ne sait pas très bien où il veut nous mener, on le suit, les illustrations l’accompagnent magnifiquement, sombrement!
    « Soudain la porte s’ouvrit dans l’écorce du grand arbre. Une lumière jaillit de l’intérieur du tronc. Une lumière qui montrait tout. Les enfants virent leurs pères, leurs mères, en bêtes d’ombres. Et de les voir ainsi, leur terreur fut si forte qu’ils perdirent aussitôt leur mémoire et les noms. » Oui c’est vraiment un très beau conte, à lire et à relire.

  • janvier22

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    Gallimard, Broché, Janvier 2010

    Editeur:

    Bretagne, 1914. La guerre menace. Une nuit, la charrette de la mort s’arrête devant la maison de Gwen le Tousseux, le jeune orphelin. C’est lui que vient chercher l’Ankou, pour l’emmener au pays dont on ne revient jamais… Quand Gwen se réveille, il est passé de l’autre côté, dans un monde comme surgi du passé. Dans ce pays étrange, effrayant mais fascinant, dominé par la douane volante, il va vivre des aventures extraordinaires. Gwen l’Egaré parviendra-t-il à retrouver sa terre natale ou son destin sera-t-il à jamais lié à Jorn, le redoutable officier de la douane volante? Une fresque magnifique, entre roman fantastique et récit initiatique, dans laquelle François Place révèle toute la dimension de son talent d’écrivain. Avec Gwen le Tousseux, laissez-vous emporter au-delà des frontières du réel et du temps.

    Avis:

    Je suis une inconditionnelle de François Place depuis le merveilleux « Les Derniers Géants », album à la Jules Verne ou à la Stevenson, avec ses magnifiques illustrations. Là, une fois passé la petite déception de ne pouvoir retrouver son dessin, hormis la page de couverture, je me suis laissée emporter par cette aventure dans l’au delà de la vie, l’au delà des mers, une aventure où le narrateur Gwen le tousseux se cogne sans cesse à plus fort et plus tordu que lui, et malgré toutes les angoisses et douleurs de la vie se construit, lie des amitiés, développe son don de rebouteux et médecin des corps. Où le méchant, la brute épaisse a un cœur d’or, et un courage formidable, où l’amour ne le choisit pas, mais le tient debout. Très beau texte.